C’était censé être un matin ordinaire. 🌤️ Clara s’était levée tôt, bercée par le chant des oiseaux qui entrait par la fenêtre ouverte. Elle alla directement dans la salle de bain pour se laver le visage. Le carrelage était frais sous ses pieds nus, le miroir encore embué de la douche de la veille. Tout semblait normal — jusqu’à ce qu’elle soulève le couvercle des toilettes.
D’abord, elle ne comprit pas ce qu’elle voyait. Dans l’eau immobile, quelque chose de sombre luisait — long, mince, presque métallique. Elle pensa qu’une brosse ou un flacon était tombé là par accident. Mais soudain, la chose bougea. Juste une fois, doucement, comme si c’était vivant. 😨
Clara resta pétrifiée. Son souffle se coupa net, et pendant plusieurs secondes, elle ne put que fixer l’eau, incapable de croire ce qu’elle voyait. Le mouvement se fit plus net — une onde lente, délibérée, qui faisait frémir la surface. Ce n’était pas un simple objet. C’était quelque chose de vivant… qui semblait l’observer.

Elle rabattit violemment le couvercle et recula d’un bond, le cœur battant à s’en rompre. Une seule idée traversa son esprit : fuir. Elle se précipita dans le salon, attrapa ses deux enfants et sortit en courant, sans même fermer la porte derrière elle. 😱
Pieds nus sur le trottoir froid, elle tremblait de tout son corps. Sa voisine, Mme Rossi, passa la tête par la fenêtre, des bigoudis dans les cheveux.
— Clara ? Mon Dieu, qu’est-ce qui se passe ?
Clara balbutia :
— Il y a… quelque chose de vivant dans mes toilettes.
Mme Rossi fronça les sourcils.
— Vivant ? Comme une souris ?
— Non… bien pire, répondit Clara d’une voix tremblante.
Quelques minutes plus tard, un fourgon blanc arriva avec le logo du service animalier. Deux hommes en uniforme vert en descendirent, portant de longues pinces et une boîte en plastique. L’un d’eux, Marco, lui adressa un sourire rassurant.
— Ne vous inquiétez pas, signora. Probablement un serpent venu des canalisations. Ça arrive parfois, surtout en été.
Le mot « serpent » fit frissonner Clara. Elle hocha la tête sans parvenir à parler. Les hommes entrèrent. Elle, resta à la porte, incapable d’avancer davantage. On entendit le bruit du couvercle qu’on soulevait, puis plus rien. Un silence lourd, étouffant.
Soudain, une exclamation étouffée :
— Santa Maria… il est énorme.

Clara sentit ses jambes fléchir. À travers la porte entrouverte, elle aperçut Marco penché sur la cuvette, les pinces prêtes. L’eau remua à nouveau, plus fort cette fois — et une masse noire jaillit, brillante, rapide, heurtant le couvercle avant de disparaître dans un éclaboussement. Les enfants hurlèrent.
— Une vipère aspic, dit Marco d’une voix grave. Pas agressive, mais dangereuse si elle se sent piégée. Restez dehors.
Les minutes suivantes semblèrent durer une éternité. Les hommes murmuraient entre eux, leurs gestes précis et prudents. Enfin, Marco ressortit, tenant la boîte hermétiquement fermée. À l’intérieur, une forme sombre se tordait lentement, ses écailles brillant comme du pétrole au soleil.
Clara sentit le soulagement l’envahir, jusqu’à ce que l’autre homme fronce les sourcils.
— Attendez… c’est étrange.
— Quoi donc ? demanda-t-elle, inquiète.
Il fit pivoter légèrement la boîte.
— Regardez ces motifs… on dirait presque des symboles.
Clara se pencha. En effet, sur le corps de la créature, de fines lignes pâles formaient des spirales, presque comme des lettres.
— Une mutation, peut-être, murmura Marco. Ou bien… autre chose.
Il ne termina pas sa phrase.

Cette nuit-là, Clara ne dormit pas. Le silence de la maison semblait vivant. Chaque petit bruit — les tuyaux, l’horloge — la faisait sursauter. Elle revoyait sans cesse le mouvement lent dans l’eau, la surface frémissante comme une respiration.
Le lendemain matin, elle décida d’être forte. Les hommes avaient emporté le serpent. C’était fini. Elle entra dans la salle de bain, prudemment mais résolument. Tout semblait normal. Elle soupira, prit sa brosse à dents et sourit à son propre reflet.
Puis — un son. Un léger sifflement. Presque imperceptible.
Clara se figea. Le bruit venait du siphon de la douche. Elle recula d’un pas, les yeux écarquillés. Sous la grille métallique, quelque chose de noir et mince bougeait, se tortillant comme un ruban.
— Non… murmura-t-elle, reculant encore.
Mais le mouvement continua. Un autre fil sombre apparut, puis un troisième, s’enroulant lentement autour du premier, comme de l’encre se diffusant dans l’eau.
Clara s’enfuit dans le salon, saisit son téléphone et appela Marco. Il arriva vingt minutes plus tard, fatigué mais attentif.
— Vous dites que ça vient de la douche ?
— Oui, je l’ai vu, là, sortir du siphon !
Il entra dans la salle de bain. Tout était sec. Aucun bruit.
— Peut-être votre imagination, dit-il doucement. Après une frayeur pareille, c’est fréquent.
Clara voulut le croire. Elle sourit faiblement.
— Peut-être que vous avez raison.
Il rangea ses outils et repartit, promettant de repasser dans la semaine.
Le soir venu, après avoir couché les enfants, Clara s’installa sur le canapé et consulta son téléphone. Elle chercha des informations sur les serpents des canalisations, espérant se rassurer. Elle tomba sur la page officielle du service animalier — et son sang se glaça.
Une publication affichait la photo de Marco, le même homme venu ce matin chez elle.

**« Nous avons la tristesse d’annoncer le décès de notre collègue, Marco Bellini, survenu hier, à la suite d’une réaction allergique lors d’une intervention près de la rivière. »**
Hier.
Mais Marco était venu **ce matin**.
Le téléphone tomba de ses mains. Son souffle devint court. Lentement, elle tourna la tête vers le couloir. La porte de la salle de bain était entrouverte.
De l’intérieur, elle entendit un léger goutte-à-goutte… puis un sifflement doux, presque humain. 🐍💧
Clara ne bougea plus. Dans le miroir au fond du couloir, elle aperçut une ombre s’élever lentement derrière la porte — longue, luisante, ondulante. Pas tout à fait un serpent, pas tout à fait humain. Quelque chose entre les deux.
Et cette fois, le couvercle des toilettes était déjà ouvert. 😱😨💧🐍🫣💀